Archives · Dossier NOXIS

SIX ANS APRÈS
LA CHUTE

L'histoire du monde dans lequel vous allez survivre.

2020

Les premiers cas

Personne ne sait vraiment quand tout a commencé.

Officiellement, les premiers cas remontent à l'été 2020.

À cette époque, le monde avait déjà les yeux tournés vers le COVID-19. Les hôpitaux étaient pleins, les frontières fermaient les unes après les autres et chaque nouvelle fièvre faisait craindre une nouvelle vague.

Alors quand plusieurs patients ont commencé à présenter des symptômes inhabituels, personne ne s'est immédiatement alarmé.

Rapport médical — service des urgences

Fièvre élevée. Confusion. Tremblements. Agressivité.

Les premiers rapports parlaient d'une complication neurologique liée au COVID. D'autres évoquaient une nouvelle souche.

Pendant quelques semaines, personne ne semblait savoir.

Puis les premiers morts se sont relevés.

Pas comme dans les films.

Ils n'étaient pas morts depuis plusieurs jours et ne sortaient pas de tombes. Leur cœur battait encore. Ils respiraient encore.

Mais il ne restait presque plus rien de la personne qu'ils avaient été.

Chez la plupart des infectés, la maladie évoluait rapidement. La fièvre augmentait jusqu'à provoquer des crises délirantes. Les malades devenaient violents, parfois sans reconnaître leur propre famille.

Ensuite venait la nécrose.

Les extrémités noircissaient. Certaines plaies ne cicatrisaient plus. La douleur semblait progressivement disparaître.

Quelques heures plus tard, les patients perdaient presque toute capacité de raisonnement.

Ils attaquaient.

La salive et le sang furent rapidement identifiés comme des vecteurs de transmission. Les morsures devinrent presque systématiquement synonymes de contamination.

À partir de là, les choses sont allées vite.

Trop vite.

2020

Les quarantaines

Les services d'urgence furent les premiers à tomber.

Dans certaines villes, des centaines de personnes se présentèrent aux mêmes hôpitaux en quelques heures. Des patients furent attachés aux lits. Des médecins abandonnèrent leur poste. Des militaires furent envoyés pour protéger les entrées.

Des vidéos commencèrent à circuler sur internet.

On y voyait des ambulances abandonnées au milieu des rues, des policiers tirer sur des civils contaminés et des familles tenter de forcer les barrages militaires pour quitter les zones de quarantaine.

Archives vidéo — état

Certaines vidéos disparurent quelques heures après leur publication.

D'autres existent peut-être encore quelque part.

À l'automne 2020, plusieurs grandes villes furent entièrement isolées.

L'armée installa des points de contrôle sur les autoroutes. Des stades, des écoles et des parkings souterrains furent transformés en centres d'accueil.

Les autorités continuaient d'affirmer que la situation était sous contrôle.

Elle ne l'était déjà plus.

2021

La chute

Les coupures de courant commencèrent quelques semaines plus tard.

D'abord quelques heures.

Puis quelques jours.

Puis définitivement.

Les réseaux téléphoniques cessèrent progressivement de fonctionner. Internet devint presque inaccessible en dehors de certaines installations gouvernementales.

— Dernières transmissions connues —

Les dernières émissions nationales connues datent de la fin de l'année 2020.

Après ça, plus personne ne sait exactement ce qu'il s'est passé.

Il reste seulement des morceaux.

Des transmissions radio.

Des rapports militaires incomplets.

Des journaux abandonnés.

Des témoignages qui se contredisent.

Certains affirment que plusieurs gouvernements avaient prévu des évacuations vers des bunkers souterrains.

D'autres racontent que des scientifiques travaillaient déjà sur le virus plusieurs mois avant les premiers cas connus.

Information non confirmée Dossier — source non vérifiée

Quelques documents retrouvés parlent d'un programme appelé Projet Lazarus.

Personne ne sait réellement ce que c'était.

Un programme de recherche.

Une opération militaire.

Ou simplement une rumeur devenue trop importante avec le temps.

En 2021, il n'existait pratiquement plus d'autorité capable de contrôler un territoire entier.

2021 — 2025

Le monde des survivants

Les survivants commencèrent à s'organiser seuls.

Des villages furent fortifiés.

Des immeubles transformés en refuges.

Des stations-service devinrent des comptoirs d'échange.

L'argent ne valait plus grand-chose.

Les médicaments, les munitions, les outils, les piles, l'essence et la nourriture en conserve étaient devenus bien plus précieux.

Certaines communautés essayèrent de reconstruire quelque chose.

Des règles.

Des cultures.

Des systèmes de garde.

Parfois même des écoles.

D'autres choisirent une voie différente.

Des groupes armés commencèrent à contrôler certaines routes et à exiger des ressources pour laisser passer les voyageurs.

Des pillards attaquaient les petits camps.

Des mercenaires vendaient leurs services au plus offrant.

Quelques anciennes unités militaires continuèrent à fonctionner pendant plusieurs années, même si personne ne savait vraiment à qui elles obéissaient encore.

Pendant ce temps, le virus continuait de circuler.

Les infectés ne disparurent jamais.

Avec les années, leur comportement sembla même évoluer.

Certains étaient plus rapides.

D'autres semblaient capables de survivre à des blessures qui auraient dû les tuer.

Information non confirmée Témoignages — zones contaminées

Dans les zones fortement contaminées, des survivants racontent avoir aperçu des individus présentant des déformations importantes du corps.

Personne n'a réussi à déterminer s'il s'agissait réellement de mutations.

Ou simplement des conséquences de plusieurs années d'infection.

Les chercheurs encore en vie continuent pourtant de travailler.

Information non confirmée Rumeurs — laboratoires & immunité

On raconte que certains laboratoires fonctionnent toujours.

Quelque part.

Protégés derrière des portes blindées et alimentés par des générateurs.

Plusieurs groupes ont affirmé avoir découvert des personnes naturellement résistantes à l'infection.

Aucune preuve sérieuse n'a jamais été retrouvée.

La plupart de ceux qui sont partis chercher ces laboratoires ou ces prétendus immunisés ne sont jamais revenus.

2026

Aujourd'hui

Aujourd'hui, les anciennes villes ressemblent à des carcasses.

Les routes sont couvertes de véhicules abandonnés.

Les arbres poussent à travers les parkings.

Les bâtiments commencent à s'effondrer.

Les hôpitaux, les commissariats et les anciennes bases militaires sont parmi les endroits les plus recherchés par les survivants.

Et parmi les plus dangereux.

On peut encore y trouver des armes.

Des médicaments.

Des documents.

Parfois même des réponses.

Mais six ans après le début de l'épidémie, une chose reste certaine.

Personne n'a trouvé de remède.

Personne n'est venu reprendre les villes.

Et personne ne sait réellement ce qui a provoqué tout ça.

Le monde n'attend plus qu'on vienne le sauver.

Ceux qui sont encore là ont compris depuis longtemps que personne ne viendrait.

2026

Six ans après la chute.

Aucun gouvernement. Aucun remède.
Une seule règle : survivre.